L’effet majeur : pourquoi les leaders efficaces concentrent leur action là où cela compte vraiment

L’effet majeur : pourquoi les leaders efficaces concentrent leur action là où cela compte vraiment

Article inspiré de la lecture du livre Le discernement de François Bert, aux Editions Litos.

« Le discernement est l’art de donner aux choses la portée qu’elles méritent. »
- François Bert

Dans un monde professionnel saturé d’informations, de sollicitations et d’urgences artificielles, beaucoup de leaders travaillent beaucoup… sans produire d’impact décisif.
Ils analysent, synthétisent, arbitrent, réorganisent — mais peinent à déclencher ce qui fait réellement basculer une situation.

C’est précisément ce décalage que François Bert, ancien officier parachutiste de la Légion étrangère et conseiller de dirigeants, éclaire avec une notion centrale : le discernement.

Et au cœur de ce discernement se trouve un concept fondamental, directement issu de la pensée militaire, mais d’une puissance remarquable pour le monde civil : l’effet majeur.

Analyse, synthèse… ou discernement

François Bert pose un diagnostic lucide sur nos modes de décision contemporains.

  • L’analyse, happée par le détail et l’exhaustivité, flatte l’intellect mais ralentit l’action.
  • La synthèse, si elle est trop rapide, risque de passer à côté du problème crucial.

Le discernement, lui, n’utilise « ni microscope ni mixeur ».
Il repose sur une écoute fine de la réalité, un tri naturel, une capacité à sentir ce qui s’impose comme essentiel — et à agir en conséquence.

L’effet majeur :concentrer ses efforts pour maximiser son impact

Dans la doctrine militaire, l’effet majeur est défini comme :

« La condition essentielle pour que la mission puisse être exécutée. »

Ce n’est pas la seule action à mener — mais celle qui conditionne toutes les autres.
Sans elle, tout le reste devient inefficace ou secondaire.

Un chef militaire formule son effet majeur par une phrase simple :

« Je veux que… »

Cette intention claire permet à l'ensemble de ses troupes de savoir, tout au long de l’action, ce qui est réellement crucial pour mener à bien la mission

Transposé au monde professionnel, l’effet majeur devient :

le point précis sur lequel concentrer ses efforts pour que le reste s’ordonne de lui-même.

Devenir indispensable quelque part

Chez Graine de séquoia, nous portons depuis l’origine une conviction forte :

Ne cherchez pas à être bon partout. Devenez indispensable quelque part.

Beaucoup de cadres et de dirigeants se dispersent :

  • ils interviennent sur trop de sujets,
  • cherchent à s'améliorer sur leurs points faibles,
  • multiplient les priorités,
  • cherchent à briller sur tous les fronts.

Résultat : fatigue, dilution de l’impact, perte de sens.

À l’inverse, concentrer ses efforts sur sa priorité réelle crée un effet d’entraînement puissant.
C’est ce que François Bert appelle précisément l’effet majeur.

L’effet majeur évolue avec la fonction

Un point clé est que l’effet majeur n’est jamais figé. Il doit être réactualisé très régulièrement.

François Bert donne un exemple très parlant :

  • Un commercial a pour effet majeur de convaincre des prospects.
  • S’il devient manager d'une équipe de commerciaux, son effet majeur change :
    il devient responsable de créer les conditions optimales de travail et de motivation pour que ses équipes puissent convaincre des prospects.

Ne pas actualiser son effet majeur, c’est continuer à agir avec un logiciel dépassé.

C’est ici que le lien avec les outils Graine de Séquoia devient évident.

Forces, perception et discernement

Notre outil « L’Octogone des 8 Forces » permet d’identifier comment vous agissez.
Le « Pentagone des 5 sens » révèle comment vous percevez la réalité avant d’agir.

Le discernement — et donc l’effet majeur — naît de leur articulation juste.

Un leader mature :

  • connaît ses forces dominantes,
  • accepte ses angles morts,
  • concentre son énergie là où son impact est maximal,
  • accepte les moissons différées : l’action juste prend du temps, intègre l’humain, les aléas, la durée.

Comme l’écrit Bert :

« L’esprit fait du vélo, mais l’exécution marche, au pas lent de la réalité. »

Être un réservoir, pas un canal

Enfin, le discernement suppose un espace intérieur.

Un leader ne peut pas être continuellement parcouru par le flux de l’actualité, des injonctions ou des urgences.
Il doit avoir la capacité de sortir régulièrement de l'urgence du quotidien ; d'embrasser le silence et la solitude comme l'antichambre du discernement.

C’est dans cet espace que l’effet majeur peut se clarifier.

François Bert cite Saint Bernard de Clairvaux :

« Soyez un réservoir, pas un canal. »

Conclusion : discerner pour agir juste

L’effet majeur n’est pas une technique de productivité.
C’est une posture de leadership.

Il invite à :

  • distinguer l’essentiel de l’accessoire,
  • accepter de ne pas tout traiter,
  • concentrer ses forces là où elles comptent vraiment.

En cela, la pensée de François Bert rejoint profondément la philosophie de Graine de Séquoia :
moins de dispersion, plus de justesse
moins d’agitation, plus d’impact
moins de promesses, plus d’action tenue.

Fabiano Minciotti, Graine de séquoia